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  • Date: 22/11/2011

Dette étudiante américaine : une nouvelle bulle ? 

[Décryptages - International]

Interrogé pendant la campagne électorale de 2008 sur le financement de ses études supérieures, Barack Obama avait répondu : « Michèle et moi, nous avons quitté l’université avec une montagne de dettes, environ 60 000 dollars chacun, et nous avons mis huit ans à les rembourser ». Le futur président des Etats-Unis ne se doutait probablement pas qu’il aurait à gérer la question de la dette étudiante une fois parvenu à la Maison Blanche. 

En 10 ans, la dette étudiante américaine est passée de 200 milliards de dollars à près de 1000 milliards, soit autant que l’encours total des cartes de crédit en circulation. Cet accroissement ne procède pas uniquement de l’augmentation du nombre d’étudiants et de l’inflation des frais de scolarité. Il s’explique également par l’accumulation des défauts de paiement et la capitalisation des intérêts de retard.

Avec la crise, deux diplômés sur cinq sont dans l’incapacité d’honorer régulièrement leurs échéances. Or, contrairement aux emprunts immobiliers et aux crédits à la consommation, les prêts étudiants ne permettent pas au débiteur de s’en libérer en se déclarant insolvable. En l’état actuel de la réglementation, un « graduate » porte sa dette étudiante tout au long de sa vie, jusqu’à son complet apurement.

Le gouvernement a récemment prévu quelques allégements et plafonnements de remboursement pour les crédits accordés par les agences fédérales. Aucune disposition n’est cependant à ce stade retenue pour les financements privés, de loin majoritaires.

Les prêts étudiants représentent aujourd’hui 7% du PIB des Etats-Unis, autant que les crédits subprime à la veille de l’éclatement de la bulle immobilière en 2008.