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  • Date: 28/03/2013

Une conséquence de l’euro : l’or de la Bundesbank de retour à Francfort 

[Décryptages - Entreprises & Economie]
Déposer, en cas de menace extérieure, ses réserves d’or dans les coffres des instituts d’émission de pays amis est une tradition établie de longue date parmi les banques centrales.

Entre septembre 1939 et mai 1940, la Banque de France a ainsi transféré 80% de ses lingots aux Etats-Unis et au Canada. A l’époque de la guerre froide, la Bundesbank a stocké 98% de son or à Paris, Londres et New York.

Après la réunification, la banque centrale allemande a entrepris de rapatrier son or à Francfort. Mais elle ne l’a fait que progressivement et partiellement. Aujourd’hui, 1 100 seulement des quelque 3 400 tonnes d’or de la Bundesbank sont conservés en Allemagne. Il en reste environ 1 500 à la Réserve Fédérale américaine, 425 à la Banque d’Angleterre, et 375 à la Banque de France.

La banque centrale allemande a prévu de réduire de 300 tonnes ses dépôts d’or aux Etats-Unis, pour les stabiliser autour de 1 200 tonnes, et de maintenir à Londres les 425 tonnes qu’elle y a déposées. En revanche, les 375 tonnes présentes dans les coffres de la Banque de France retourneront à Francfort d’ici 2020.

A l’époque de l’étalon-or, les dépôts réciproques de lingots entre banques centrales participaient au processus d’équilibrage des balances des paiements. Depuis la fin de la convertibilité du dollar (1971), cette justification est caduque. Le dépôt d’or par l’Allemagne dans les coffres des instituts d’émission de ses alliés est désormais d’ordre symbolique.

Pourquoi la Bundesbank a-t-elle prévu de rapatrier de Paris la totalité de son or, alors qu’elle conservera des réserves aux Etats-Unis et au Royaume-Uni ? Officiellement, c’est l’existence de l’euro qui est mise en avant. Mais l’argument ne convainc pas tous les observateurs…
 

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