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  • Date: 27/06/2013

La Commission de la Guillotine : pionnière de la modernisation de l’Etat 

[Décryptages - Entreprises & Economie]
A la Libération, le Trésor public français est aux abois. Le déficit est financé par un recours massif à l’emprunt. Au printemps 1947, après le départ des ministres communistes, le gouvernement Ramadier décide de rétablir l’équilibre budgétaire par une réduction drastique des dépenses de l’Etat.

La question de la rationalisation des services publics n’est pas nouvelle. Plusieurs commissions d’économie budgétaire s’y sont consacrées au lendemain de la Première Guerre mondiale. Le débat sur la réforme administrative est resté à l’ordre du jour tout au long des années trente et s’est prolongé sous le gouvernement de Vichy.

Après la victoire, est créé un Comité central d’enquête sur le coût et le rendement des services publics, mais son activité se limite à des recommandations. Pour passer à l’acte, il faut une structure de décision. Le 25 juin 1947, est instituée une commission appelée à trancher sur la diminution du nombre de fonctionnaires et des dépenses des ministères budgétivores.

Au cours des trois années qui suivent, cette commission réduit de 100 000 le nombre de fonctionnaires, sur un total d’environ 1,3 million, et ramène les dépenses militaires de 33% à 21% du budget de l’Etat.

En 1946, une première instance avait tenté la même démarche. On lui avait donné le surnom de Commission de la Hache. Se heurtant à l’hostilité de Maurice Thorez, chargé de la réforme administrative dans le gouvernement, elle n’avait connu qu’un succès restreint.

Celle de 1947 réussit là où la précédente a échoué. En 1949, l’économie française a rétabli ses équilibres. La Quatrième République n’a pas peur des mots : à cette seconde commission, on donne le nom évocateur de Commission de la Guillotine.

La situation des dépenses publiques aujourd’hui n’est pas sans rappeler celle de 1947. Les mêmes remèdes sont explorés. En 2007, est mise en place la révision générale des politiques publiques (RGPP). En 2012, c’est au secrétariat général pour la modernisation de l'action publique (SGMAP) qu’est confiée la réforme de l’Etat. Leurs objectifs s’apparentent à ceux de la Commission de la Guillotine.

Mais, entre-temps, la peine de mort a été abolie : à la métaphore du couperet, on préfère l’euphémisme du sigle administratif !
 

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