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  • Date: 05/03/2013

Le Commissariat général à la stratégie et à la prospective : un retour aux sources 

[Décryptages - Entreprises & Economie]
« Ardente obligation » selon le général de Gaulle, « réducteur d’incertitudes » selon Pierre Massé, Commissaire général du Plan de 1959 à 1966, le Plan « quinquennal » a rythmé la vie économique française pendant un demi-siècle.

Au lendemain de la Libération, le Premier Plan (1946-1952), d’une durée exceptionnelle de sept ans, est concomitant du Plan Marshall. Sans remettre en cause l’initiative privée, il se propose d’insuffler, dans un cadre coordonné par l’Etat, un nouvel élan à l’économie nationale. Six secteurs d’investissement sont privilégiés : électricité, transport, acier, ciment, charbon et machinisme agricole.

Le Deuxième Plan (1954-1957) met l’accent sur la recherche et le développement, la reconversion des entreprises, la réadaptation professionnelle et la productivité. Le Troisième Plan (1958-1961) prend en compte l’arrivée imminente à l’âge adulte des générations du baby-boom, et l’ouverture des frontières au sein du Marché Commun. Le Quatrième Plan (1962-1965) fixe l’objectif de combler le retard de la France dans les domaines hospitalier et universitaire, en matière d’équipement autoroutier et de télécommunications.

Le Cinquième Plan (1966-1970) cherche à combiner croissance économique et justice sociale, augmentation du pouvoir d’achat et maîtrise de l’inflation. Il sera perturbé par le choc de mai 1968, tout comme le Sixième Plan (1971-1975), qui vise l’amélioration des conditions de vie, sera affecté par le premier choc pétrolier (1973).

La vie économique française apparaît alors de plus en plus déterminée par des facteurs exogènes (cours du dollar et du pétrole, concurrence internationale) qui limitent la portée de l’exercice de prévision. A partir du Septième Plan (1976-1980), l’intérêt pour la planification faiblit dans l’Hexagone. Le Onzième Plan, adopté en 1992, n’ira pas jusqu’à son terme et n’aura pas de successeurs. Maintenu comme organisme d’étude, le Commissariat général du Plan est remplacé en 2006 par le Centre d’analyse stratégique.

Le 8 janvier 2013, a été annoncée la création prochaine d’un Commissariat général à la stratégie et à la prospective, appelé à prendre la relève du Centre d’analyse stratégique. Inspiré des conclusions du rapport Gallois sur la compétitivité de l’économie française, ce nouveau Commissariat doit permettre à l’Etat de « donner sa vision de l’avenir, exprimer ses priorités et indiquer les moyens qu’il est prêt à y consacrer ». Il vise à créer un choc de confiance, pour encourager l’optimisme et stimuler le succès.

Une feuille de route qui ne diffère guère de celle que Jean Monnet, premier Commissaire du Plan, avait prescrite au Premier Plan…
 

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