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  • Date: 20/01/2014

Club de Paris, groupe d’Egmont : deux exemples de pragmatisme 

[Décryptages - International]
En matière de défense de la paix, de protection de l’environnement, de régulation du commerce ou d’aide au développement, la coopération internationale est souvent freinée par la lourdeur des institutions.

Lorsqu’il s’agit de la circulation de l’argent, l’urgence de certaines décisions ne peut s’accommoder de la lenteur des processus habituels de concertation. En marge des grandes organisations – Nations Unies, Union européenne, OCDE, Conseil de l’Europe, etc. –, les financiers sont alors amenés à mettre en œuvre des structures de concertation informelle, dont certaines se révèlent plus efficaces et plus durables que les instances officielles consacrées aux mêmes questions. Tel est le cas du Club de Paris et du groupe d’Egmont.

Le Club de Paris est né en 1956 à l’issue d’une réunion organisée dans la capitale française entre l’Argentine et ses créanciers publics. Le cadre officieux de la rencontre ayant permis de trouver rapidement une solution au problème de la dette argentine, l’habitude s’est prise de réunir informellement à Paris débiteurs et créanciers en cas de difficultés de remboursement de dettes souveraines. Doté d’un secrétariat léger, le Club de Paris a, depuis sa création, conclu plus de 400 accords avec une centaine de pays pour un montant total de quelque 573 milliards de dollars. D’aucuns regrettent que la gestion de la crise grecque ne lui ait pas été confiée.

Le combat contre le blanchiment de l’argent et le financement du terrorisme relève d’une quinzaine d’institutions internationales et régionales. Ce foisonnement est inadapté à une coordination efficace. En 1995, les principaux responsables mondiaux de la lutte contre l’argent sale se sont réunis au palais d’Egmont à Bruxelles pour progresser en marge des organismes officiels. Ils se rencontrent depuis régulièrement pour échanger informations et méthodes. Comme le Club de Paris, le groupe d’Egmont fonctionne avec un secrétariat léger installé aujourd’hui à Toronto.

Au lendemain du premier choc pétrolier (1973), plaidant pour des entreprises de taille humaine, l’économiste britannique Ernst Friedrich Schumacher a lancé son célèbre slogan : small is beautiful. Au vu des performances du Club de Paris et du groupe d’Egmont, on est tenté de dire également que, dans le domaine de la coopération internationale, ce qui est petit fonctionne bien.
 

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