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  • Date: 30/01/2013

Cinquante ans après Minamata : le traité du mercure 

[Décryptages - Développement durable]
De 1949 à 1965, on a dénombré à Minamata, au sud-ouest du Japon, 900 décès liés à la consommation de poisson. Dès 1959, l’hypothèse d’une contamination au mercure par l’usine pétrochimique voisine a été soulevée. Mais il fallut attendre 1966 et l’intoxication de plusieurs milliers de personnes pour que cessent les déversements. Entre 1932 et 1966, ce sont 400 tonnes de mercure qui ont ainsi été rejetées à la mer.

Après la prise de conscience des dangers du mercure que le drame – très médiatisé – de Minamata a entraînée, un demi-siècle sera encore nécessaire pour que la communauté internationale décide de limiter la production et l’utilisation du métal liquide. Le traité international sur le mercure signé à Genève par 140 pays marque une étape décisive dans la régulation de l’un des éléments chimiques les plus toxiques de la Planète.

Deux mille tonnes de mercure sont rejetées chaque année dans la nature, dont les deux tiers en Asie. La combustion du charbon dans les centrales thermiques est à l’origine de 45% des rejets, devant l’extraction de l’or (18%). Quelques grammes de mercure suffisent pour contaminer un sous-sol ou un cours d’eau.

L’accord signé à Genève a été rendu possible par la décision en 2009 du président Obama de faire participer à la négociation les Etats-Unis, jusque-là hostiles à ce type de traité.

Les pays signataires s’engagent à limiter l’orpaillage – la recherche et la production artisanales d’or occuperait une dizaine de millions de personnes dans le monde – et à installer des dispositifs de capture du mercure en aval des centrale thermiques et des usines chimiques.

La convention sera légalement contraignante au regard du droit international lorsque 50 des 140 pays signataires l’auront ratifié. Une cérémonie sera alors organisée à Minamata dont le nom sera donné au traité.

Pour les observateurs, l’accord sur le mercure fera référence en matière de réglementation de problèmes sanitaires internationaux.
 

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