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  • Date: 12/05/2014

Cinéma : le retour des bobines 

[Décryptages - Développement durable]
Nous avons conservé la trace des inscriptions gravées à Louxor et à Delphes. On trouve des incunables dans les bibliothèques et des éditions originales de Voltaire chez les libraires. Dans les cinémathèques, on projette des films d’avant-guerre. Mais il n’est pas sûr que les vidéos que nous avons enregistrées sur notre smartphone ou même dans le cloud parviennent à nos arrière-petits-enfants.

C’est le paradoxe du stockage de données : dans la pierre, elles sont figées pour plusieurs millénaires, sur le papier elles peuvent se maintenir pendant des siècles, en pellicule cinématographique elles se conservent cent ans, mais sur les disques durs elles s’effacent après dix ou vingt années.

La dégradation des supports électroniques ou optiques avec le temps préoccupe l’industrie du cinéma. La plupart des films étant aujourd’hui tournés et stockés en numérique, il faut prévoir de les dupliquer tous les quinze ans en moyenne si l’on veut les conserver. Cette logistique est contraignante et coûteuse. Aucun organisme centralisateur n’est chargé de l’assurer. De nombreux films risquent de disparaître par défaut de maintenance ou négligence des ayants-droit.

Les laboratoires recherchent des techniques qui permettraient d’allonger la durée de vie des supports numériques ou de faciliter leur déduplication. Le progrès scientifique apportera sans doute des solutions appropriées. Elles ne sont toutefois pas encore disponibles. Dans l’immédiat, la façon la plus simple de conserver un film numérique est de le reproduire sur un film argentique classique.

L’aventure technologique est parfois ironique !
 

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