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  • Date: 15/05/2012

Buenos Aires : capitale de la psychanalyse 

[Décryptages - Générations]

Depuis les films de Woody Allen, New York passe pour la capitale mondiale de la psychanalyse. C’est une réputation usurpée : Buenos Aires la devance.

On dénombre 30 000 psychanalystes, psychiatres, psychologues et psychothérapeutes dans la capitale argentine, autant qu’à New York pour une population deux fois inférieure. Ils sont 60 000 au total en Argentine pour 40 millions d’habitants, quand la France en compte 70 000 pour 65 millions de personnes.

On avance deux explications à cette passion argentine pour la psychanalyse et les psychothérapies.

La première concerne aussi les Etats-Unis. Comme les Américains, les Argentins sont en grande majorité issus de l’immigration. La démarche psychanalytique leur permettrait de compenser un déficit de racines.

Mais une seconde explication est propre à l’Argentine. A la différence des Etats-Unis, le pays a connu une période de dictature entre 1976 et 1983, qui a profondément déstabilisé la société argentine et clivé les familles. La crise financière de 2001 a également laissé sa marque. Aux côtés de la justice, la psychanalyse et les psychothérapies contribueraient au travail de mémoire dont a besoin la société argentine.

Buenos Aires possède un quartier baptisé « Villa Freud » et un café Sigi, le nom affectueux que la mère de Freud donnait à son fils.

Après Vienne, Londres, Paris et New York, c’est au tour de la capitale argentine d’être la « ville du divan ».