France

Détails

  • Service: Corporate
  • Type: Newsletter
  • Date: 16/11/2010

Logement des jeunes adultes en Europe : une auberge espagnole 

[Décryptages - Générations]

A trente ans, seul un Danois sur cent habite encore chez ses parents, alors qu’au même âge, près d’un jeune slovaque sur deux n’a pas encore quitté le domicile parental...

Les statistiques publiées en octobre 2010 par Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne, sur le logement des jeunes, montrent une grande disparité entre les pays de l’UE. Tout se joue à la fin des études supérieures, autour de 24 ans.

Jusqu’à l’âge de 24 ans, les différences sont en effet limitées. En moyenne dans l’Union européenne, trois jeunes de 18 à 24 ans sur quatre habitent encore chez leurs parents. Et à l’exception des pays scandinaves, où la proportion est d’un sur deux, la plupart des autres pays sont dans la moyenne. Mais à partir de 25 ans, les jeunes quittent le domicile de leurs parents à des rythmes très contrastés.

Dans les pays nordiques, plus de 95% d’entre eux ont pris leur indépendance à l’âge de 30 ans. A l’inverse, dans les pays méditerranéens – Portugal, Espagne, Italie, Grèce – et dans les anciens pays de l’Est, près d’un trentenaire sur deux habite encore chez ses parents.

Avec 15% environ de trentenaires encore présents au domicile familial, la France arrive derrière les pays scandinaves mais devant le Royaume-Uni et l’Allemagne (20% chacun).

L’allongement de la durée des études, la conjoncture économique et l’état du marché immobilier ont un effet déterminant sur l’âge auquel on quitte le logement de ses parents. Les habitudes locales comptent cependant tout autant et expliquent certaines situations surprenantes. Tel est le cas de l’Irlande, dont les traditions sont plus proches sur ce plan de celles des anciens pays de l’Est que de celles de son voisin britannique.

De même, si les femmes quittent partout le logement de leurs parents plus tôt que les hommes, elles le font dans des proportions qui peuvent varier fortement selon les pays. En Autriche et au Luxembourg, les femmes affichent ainsi un comportement semblable à celui des Françaises en quittant vite le domicile de leurs parents après 25 ans, alors que les hommes y demeurent dans des proportions qui se rapprochent de celles des pays méditerranéens.

Assez logiquement, les pays où les jeunes restent le plus longtemps chez leurs parents sont également ceux où la vie de couple – dite d’union consensuelle dans le vocabulaire des démographes – est la moins répandue.

On constate aussi que le taux de fécondité est notablement plus faible dans les pays où l’on reste durablement chez ses parents. A une exception cependant : les Irlandais à nouveau. L’Irlande affiche le plus haut taux de fécondité européen, tout en étant un pays où la proportion de jeunes gens vivant en union consensuelle hors du domicile de leurs parents demeure faible : le mystère de Dublin ?