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  • Date: 20/04/2012

L’Arctique : nouvel horizon de la Chine ? 

[Décryptages - International]

La fonte de la banquise provoquée dans l’Arctique par le réchauffement climatique ouvre trois mois par an deux nouvelles voies de passage maritime de l’océan Atlantique à l’océan Pacifique.

La première – du Nord-Est – longe la côte nord de la Sibérie. La seconde – du Nord-Ouest – passe entre les îles du grand Nord canadien, après avoir suivi la côte occidentale du Groenland et avant de traverser le détroit de Béring.

Les distances à parcourir sont considérablement réduites par rapport aux circuits traditionnels par Panama ou Suez. Le trajet Rotterdam-Shanghai passe ainsi de 26 000 km par Panama et 20 000 km par Suez à 16 000 km par chacune des routes polaires. Pour le trajet Rotterdam-Yokohama, la différence est encore plus marquée : de près de 24 000 km par Panama, on est ramené à 13 000 km via le passage Nord-Est.

Les parcours polaires sont aujourd’hui encore réservés à des navires dotés de coques renforcées et équipés d’instruments de repérage d’icebergs. Certains chenaux doivent être régulièrement entretenus par des brise-glace. La traversée reste dangereuse et sa durée aléatoire la rend peu adaptée aux livraisons just on time.

Chasse gardée jusqu’à présent du Canada, de la Russie, des Etats-Unis, les routes polaires voient surgir un quatrième protagoniste : la Chine. Pékin accélère la construction de brise-glace et s’engage dans des activités d’exploration du pôle Nord.

Si la température poursuit sa progression, on prévoit une possible ouverture des voies maritimes polaires six mois par an dès 2020. Un tel scénario changerait la donne géostratégique régionale.

Il y a vingt ans, c’est dans le Pacifique qu’était attendue l’expansion chinoise. Avec le réchauffement climatique, elle viendra peut-être tout autant dans l’Arctique. La géographie, dit-on, fait l’Histoire.