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  • Date: 06/12/2012

Arabica et robusta : la fin d’une époque ? 

[Décryptages - Développement durable]
Le 24 novembre 1828, Stendhal, de passage à Rome, y déguste un café arabica qu’il compare à « une lettre de change tirée sur le bonheur à venir au profit du moment présent ».

Si l’auteur de La Chartreuse de Parme devait retourner vers 2080 dans la Ville éternelle, il n’y retrouverait sans doute pas la saveur qu’il avait tant appréciée deux siècles et demi plus tôt. A cette date, l’arabica risque en effet d’avoir totalement disparu de la Planète au profit du robusta.

Originaire d’Afrique de l’Est, l’arabica est resté jusqu’en 1870 la seule variété de café cultivée dans le monde. Depuis cette époque, il est concurrencé par le robusta.

Tout au long du XXe siècle, la part du robusta est demeurée inférieure au quart de la consommation mondiale, les connaisseurs lui préférant – tel Stendhal – les saveurs fortes de l’arabica.

Mais la situation pourrait évoluer. Une équipe de scientifiques britanniques a en effet calculé que si la hausse de température de 2,4° à 3,4° envisagée par le GIEC d’ici 2080 se confirmait, la production d’arabica – praticable uniquement entre 17° et 24°– pourrait régresser de plus de 90%.

Tout se passe comme si cette éventualité était déjà anticipée. Les producteurs d’arabica se reportent, quand ils le peuvent, vers le robusta, beaucoup plus résistant – son nom l’indique – au réchauffement climatique et à la pollution. Comme le robusta est moins cher que l’arabica, les torréfacteurs suivent le mouvement en augmentant les proportions de robusta dans leurs mélanges. La part du robusta dans la demande mondiale vient de dépasser 35% et atteint 50% dans certains pays, dont la France.

Longtemps variété phare du marché du café, l’arabica pourrait ne plus y occuper dans quelques décennies qu’une position de second rang. L’enjeu est limité pour les pays asiatiques, déjà spécialisés dans le robusta, et ceux d’Amérique latine, où le climat permet de substituer la culture du robusta à celle de l’arabica.

La disparition de l’arabica poserait en revanche de graves problèmes économiques en Afrique de l’Est, notamment en Ethiopie, où aucune variété alternative n’est à ce jour envisageable. Et elle désolerait, dit-on, les vrais amateurs de café !
 

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