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  • Date: 17/04/2013

Adolphe Landry : le père des allocations familiales 

[Décryptages - Entreprises & Economie]
A la Libération, un ouvrier français non qualifié ayant trois enfants à charge recevait une allocation familiale égale à la moitié de sa paie, et légèrement supérieure à sa paye s’il avait cinq enfants. La France proposait alors le système d’aide aux familles nombreuses le plus généreux du monde occidental. C’est à Adolphe Landry (1874-1956) que les Français devaient cette situation particulièrement favorable.

Issu d’une vieille famille corse d’Ajaccio, normalien et agrégé de philosophie, Landry manifeste dès la fin de ses études son intérêt pour la démographie. Nommé en 1907 à la chaire d’histoire des faits et des doctrines économiques de l’Ecole pratique des Hautes Etudes, il consacre ses travaux à la question de la natalité, grande préoccupation nationale à l’époque.

En 1910, Adolphe Landry est élu député radical-socialiste de Corse. Au Palais-Bourbon, puis au Sénat à partir de 1930, comme dans les diverses fonctions ministérielles qu’il occupe entre les deux guerres, il multiplie les initiatives bénéfiques aux familles nombreuses.

Pendant la Première Guerre mondiale, il fait voter des lois attribuant des indemnités familiales aux officiers et sous-officiers, puis à l’ensemble des fonctionnaires. Entré au gouvernement en 1920, il est à l’origine des réductions pour familles nombreuses dans les transports en commun.

Ministre du Travail en 1932, il rend obligatoire le versement par toutes les entreprises d’allocations familiales jusque-là facultatives, et impose la création de caisses mutuelles d’allocations familiales dans chaque département. Ces dispositions donneront leur pleine mesure avec la création de la Caisse nationale d’allocations familiales en 1945. Parallèlement, dès l’institution de l’impôt sur le revenu en 1915, Adolphe Landry défend le principe de sa modulation en fonction du nombre d’enfants. Ses efforts conduiront à la mise en place du quotient familial au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

En 2013, une famille avec trois enfants à charge perçoit en France 293 euros d’allocations familiales par mois, soit 26% du SMIC net mensuel. Pour cinq enfants, ce montant atteint 623 euros, soit 66% du SMIC net mensuel.

La France n’est plus au premier rang mondial pour le montant de ses allocations familiales directes – les pays d’Europe du Nord la devancent désormais. Mais elle demeure le pays où le cumul des avantages, monétaires, fiscaux et sociaux, accordés aux familles nombreuses est, proportionnellement au produit national, le plus élevé au sein de l’OCDE : 5% du PIB sont consacrés en France à la politique familiale, contre 2,2% en moyenne dans les pays de l’OCDE.

Cette exception française contribue, dit-on, à la bonne tenue de la fécondité dans l’Hexagone. Un siècle après le début de son action, Adolphe Landry aurait-il gagné son combat ?
 

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