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  • Date: 07/11/2011

Accords de Bâle : un héritage français 

[Décryptages - international]

Si les règles prudentielles bancaires portent le nom d’accords de Bâle, c’est parce que le siège de la Banque des Règlements Internationaux (BRI), l’instance où elles sont discutées, se trouve dans la grande ville frontière suisse.

Et si c’est au sein de la BRI que se rencontrent les gouverneurs des banques centrales pour en débattre, c’est au premier directeur de l’institution, l’économiste français Pierre Quesnay (1895-1937) qu’on le doit.

La BRI voit le jour en 1930 pour assurer la gestion des réparations allemandes dans le cadre du plan Young. Dès l’origine, sa structure de capital en fait un poste d’observation singulier dans le paysage financier international : elle réunit en effet dans son tour de table à la fois les banques centrales et certains des plus grands établissements privés mondiaux.

Pierre Quesnay veut mettre à profit cette particularité pour étendre le champ d’action de la BRI au-delà des seules opérations de compensation. Son objectif est de faire de l’institution de Bâle, où elle s’est dès l’origine installée, le prêteur en dernier ressort du système monétaire international.

L’opposition quasi-unanime qu’il rencontre le fait renoncer à son projet : la Banque des Règlements internationaux limitera sont rôle au clearing entre banques centrales, mais les débats font date.

Lorsque les Alliés décident à Bretton Woods, en juillet 1944, de supprimer la BRI qui paraît faire double emploi avec le FMI, John Maynard Keynes, le représentant britannique, s’y oppose farouchement, convaincu de l’intérêt de conserver en marge de la transparence des grandes organisations internationales, un véhicule léger et discret de supervision du système bancaire mondial.

Son combat ne sera pas vain : quoique votée, la suppression de la BRI ne sera jamais mise en œuvre et c’est à Bâle plus qu’à Washington que les crises monétaires de l’après-guerre trouveront bien souvent leur solution.

Quelque 74 années après la disparition accidentelle de Pierre Quesnay en 1937, son ambition de faire de la BRI la « banque centrale des banques centrales » est en bonne voie !
 

Sources