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  • Date: 13/02/2014

1866 : la panique du charbon 

[Décryptages - Développement durable]
En 1860, Michel Chevalier, un ingénieur français inspiré par le saint-simonisme, convainc Napoléon III des bienfaits économiques du libre-échange. Avec l’industriel et homme politique anglais Richard Cobden, il négocie un accord franco-britannique connu sous le nom de Traité Chevalier-Cobden, qui prévoit une réduction massive des droits de douane entre les deux pays.

A Londres, le Parlement s’inquiète des conséquences de l’ouverture des frontières commerciales sur l’autonomie énergétique du Royaume-Uni.

En 1865, l’économiste anglais William Stanley Jevons publie The Coal Question (La question charbonnière), un livre où il prédit que si la croissance industrielle britannique se poursuit au rythme constaté au cours des années précédentes, une pénurie de charbon interviendra autour de… 1960 !

La thèse de Jevons, influencée par les théories malthusiennes, connaît un grand retentissement. Les journaux évoquent la Coal Panic, la panique du charbon.

La conjecture de Jevons s’appuie, pour la première fois dans l’histoire de la pensée économique, sur des séries statistiques longues et rigoureuses.

La Chambre des Communes prend l’affaire au sérieux : une commission d’enquête sur les effets à long terme de la consommation du charbon est chargée de se pencher sur la question. Suivant les recommandations de Jevons, on envisage de réduire la consommation du minerai et l’on réfléchit à des sources d’énergie alternatives.

Le débat se poursuivra pendant une dizaine d’années, avant de finir par être considéré comme un faux problème. Les économistes de l’énergie estimeront par la suite que Jevons avait lui-même sous-estimé l’impact du progrès technique.
Un siècle plus tard, les ressources pétrolières font l’objet de la même controverse…
 

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