Pour la dixième édition de ce baromètre, l’IFOP a interrogé fin mai 2011, à la demande de KPMG et de la CGPME, plus de 400 dirigeants d’entreprises françaises de 10 à 500 salariés sur leur financement et leur accès au crédit.
L’évolution du résultat avant impôts des PME entre 2009 et 2010 est très hétérogène : 38% des dirigeants interrogés le déclarent en augmentation, 31% en diminution, et 29% à un niveau stable.
Près d’une PME sur deux (46%) déclare avoir réduit ses marges pour maintenir son chiffre d’affaires en 2010, en particulier dans l’industrie (56%) et le BTP (54%). De plus, 65% des dirigeants déclarent que la variation du chiffre d’affaires et des prix des matières premières a eu des conséquences fortes sur l’évolution du résultat avant impôts de leur entreprise entre 2009 et 2010.
Respectivement 44% et 25% des patrons de PME estiment que les délais de paiement et la variation des stocks ont eu un impact important sur l’évolution de leur résultat avant impôts.
Seuls 10% des dirigeants interrogés déclarent que leur entreprise ne rencontre aucune difficulté, contre 16% en décembre 2010. La hausse des coûts et des prix des fournisseurs est la préoccupation la plus citée par les dirigeants (69%). En revanche, la baisse du chiffre d’affaires ne constitue plus une difficulté majeure que pour 36 % des PME (contre 63% il y a 2 ans en plein cœur de la crise). Enfin, les problèmes de trésorerie ou de financements concernent encore 26% d’entre elles.
Si l’inquiétude dans le domaine économique est toujours ressentie par 66% des patrons de PME, elle atteint toutefois le niveau leplus bas depuis la création du baromètre en février 2009 (- 21 points).
Dans ce contexte, ils ne sont plus que un sur cinq à ressentir les impacts négatifs de la situation économique sur leurs conditions d’accès au crédit (20%), en recul de 17 points par rapport à janvier 2010, qui marquait un pic.
Cette situation plus favorable amène moins de dirigeants de PME à limiter leurs demandes de crédits : désormais, 23% (contre 43% en juin 2010) déclarent se restreindre dans leurs investissements et leurs demandes auprès des banques.
Les besoins en financements connaissent une légère hausse : 63 % des patrons interrogés déclarent en avoir au moins un (+2 points), dont 39% pour financer des investissements (+3 points) et 33% pour leur exploitation (-1 point).
Les types de crédits nécessaires pour financer les investissements sont en évolution. Après une diminution début 2011, les besoins de crédits pour des investissements de remplacement ou d’entretien (51%) et pour des investissements d’équipement (47%) connaissent un regain (respectivement +6 points et +3 points). A contrario, les besoins de crédits pour des acquisitions de développement sont en forte baisse (19% contre 31% il y a 3 mois), tandis que ceux pour des investissements d’innovation restent stables (19%).
74% des dirigeants de PME déclarent ressentir au moins une mesure de durcissement de la part de leur banque (contre 70% en mars 2011, et 64% en décembre 2010). Ce sentiment est plus présent dans le BTP (81%) et dans les entreprises qui ont des besoins de crédits pour leur exploitation (85%).
La mesure de durcissement la plus citée par les dirigeants reste le financement avec des frais élevés ou à des montants plus faibles que souhaités (48%, +3 points), suivie des demandes de garanties supplémentaires (36%). La hausse du durcissement la plus marquée concerne la réduction des crédits ou des facilités de trésorerie, ressentie désormais par 32% des dirigeants, contre 23% il y a trois mois. 31% mentionnent le fait que leur banque finance seulement après avoir demandé d’autres cofinancements, et 20% après beaucoup de délais.
Dans ce cadre, 44% (-3 points) envisagent d’examiner les conditions d’autres banques concurrentes. En revanche, la part des dirigeants susceptibles de réétudier leurs lignes de crédits est en baisse (33%, -2 points).
Méthodologie
- Echantillon de 401 dirigeants d’entreprises, représentatifs des entreprises françaises de 10 à 500 salariés.
- La représentativité de l’échantillon a été assurée par un échantillonnage raisonné sur les quotas (taille salariale, secteur d’activité, région) et un redressement selon les données INSEE.
- Les interviews téléphoniques du neuvième baromètre ont eu lieu du 23 au 30 mai 2011.
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Jacky Lintignat
Associé, Directeur général, Président de la fondation KPMG France
+33 (0)1 55 68 86 66
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