Le 21 novembre 2006

No. 2006-08

 

Les prix de transfert aux fins de l'impôt sur le revenu et aux fins de l’évaluation en douane – Quelle est la différence ?

L’Agence du revenu du Canada (« ARC ») a récemment clarifié les raisons pour lesquelles un prix de transfert déterminé aux fins de l’impôt sur le revenu ne pouvait pas être utilisé aux fins de l’évaluation des droits de douane. La nouvelle circulaire d'information de l’ARC sur le sujet explique les facteurs pouvant être à l’origine des différences entre les prix de transfert et les valeurs en douane pour des biens identiques du fait des différences dans les méthodes d’évaluation utilisées par l’ARC et par l'Agence des services frontaliers du Canada (« ASFC »).

 

Contexte

 

L’ARC a publié sa nouvelle circulaire d'information IC06-1, « Les prix de transfert aux fins de l'impôt sur le revenu et aux fins de l'évaluation en douane », à la suite d’une consultation publique de trois ans sur un document de travail visant à apporter une clarification sur les différences dans le calcul des prix aux fins des prix de transfert ou aux fins des douanes.

 

La méthode des prix comparables non contrôlés par opposition à la méthode de la valeur transactionnelle

La circulaire d’information s’intéresse aux différences dans les méthodes d’évaluation utilisées par l’ARC et l’ASFC pour déterminer les prix, particulièrement en ce qui à trait au transfert international de biens entre entités liées. L’ARC utilise de préférence la méthode des prix comparables non contrôlés (« PCNC ») alors que l’ASFC utilise de préférence la méthode de la valeur transactionnelle.

Les points de départ du calcul dans les deux méthodes sont différents. Par ailleurs, les méthodes d’ajustements, d’ajouts et de soustractions de dépenses varient de manière significative.

Selon l’ARC, les questions soulevées par la comparaison des deux méthodes sont notamment les suivantes :

·         Différence dans la définition de « l'acheteur au Canada » aux fins des douanes par opposition au « contribuable » aux fins de l’impôt sur le revenu. Ces deux parties à la transaction peuvent être différentes.

·         Différence dans la détermination du « prix comparable » (pour les prix de transfert) par opposition au « prix payé ou à payer » (pour les douanes).

·         Différences entre les ajustements autorisés pour le prix payé ou à payer et les ajustements pour le prix comparable.

·         Différence dans le traitement des réductions du prix après l'importation aux fins des prix de transfert et aux fins des douanes.

Le prix de revente par opposition à la valeur de référence

Dans certaines situations, la méthode du prix de revente peut être utilisée pour déterminer un prix de transfert. De même, la méthode de la valeur de référence peut être utilisée aux fins des douanes. Pour ces deux méthodes de détermination des prix, le point de départ est le prix de revente des biens à une entité sans lien de dépendance. Toutefois, lorsque les coûts sont déduits pour déterminer la valeur du transfert, l’écart de coût peut différer de façon significative. Plus précisément, l’évaluation aux fins de douane requiert la déduction de dépenses particulières, qu’elles soient ou non incluses dans les charges d’exploitation. Cependant, les déductions qui ne sont pas incluses dans les charges d’exploitation n’ont en général pas à être prises en considération pour établir un prix de transfert aux fins de l’impôt sur le revenu.

La valeur du prix de revient majoré par opposition à la valeur reconstituée

Lorsque la méthode PCNC ne constitue pas la méthode la plus fiable pour établir un prix de pleine concurrence aux fins des prix de transfert, la méthode du prix de revient majoré peut être utilisée. Conformément à la hiérarchie des méthodes établie aux fins de l’évaluation en douane, la méthode de la valeur reconstituée peut être utilisée dans certaines circonstances.

Bien que les deux méthodes aient comme point de départ les coûts liés à la production, les différences de prix déterminés par ces méthodes peuvent résulter d’une divergence dans le de traitement d’autres éléments.

Autres méthodes d’évaluation

Si aucune des autres méthodes ne peut être appliquée, la « méthode résiduelle » peut être utilisée aux fins des douanes. Cette méthode permet d’appliquer les autres méthodes de « façon flexible », selon les principes et l’esprit de l’accord de l’OMC sur l’évaluation.

Si aucune des méthodes conseillées ne peut être appliquée, l’ARC applique les « méthodes transactionnelles de bénéfices », comme la méthode du partage des bénéfices et la méthode transactionnelle de la marge nette (« MTMN »). La méthode du partage des bénéfices ne ressemble à aucune des méthodes utilisées par l’ASFC. La méthode MTMN pourrait être comparée à la méthode de la valeur reconstituée mentionnée précédemment. Néanmoins, étant donné que certains calculs diffèrent entre ces méthodes et celles utilisées par l’ASFC, les prix qu’elles permettent de déterminer peuvent également varier.

Arrangements préalables en matière de prix de transfert

L'ARC a mis sur pied un programme d'arrangements préalables en matière de prix de transfert (« APP ») afin d'aider les contribuables à obtenir une assurance quant à leurs transactions avec des non-résidents avec lesquels ils ont un lien de dépendance. Les douanes canadiennes acceptent en général les prix de transfert établis dans le cadre d'un APP, mais des ajustements sont requis en vertu de la Loi sur les douanes. La circulaire d’information évoque également les possibilités d’une participation plus officielle des douanes au sein du processus d’APP afin d’obtenir une assurance quant à la valeur des importations futures.

Commentaires de KPMG

Selon la circulaire d’information, la documentation en prix de transfert peut être utilisée aux fins des douanes et vice versa. Néanmoins, le ton général de la circulaire d’information suggère que les raisons des différences dans la valeur aux fins des prix de transfert et aux fins des douanes sont nombreuses et variées. En pratique, les méthodes de détermination des prix de transfert et la documentation sont généralement acceptables aux fins des douanes pourvu que les ajustements requis soient effectués, par exemple, en ce qui concerne les redevances et les aides.

De plus, à titre de mise en garde, la circulaire mentionne à maintes occasions que les ajustements à la baisse des prix à l’importation ne sont pas autorisés aux fins des douanes bien qu’ils puissent l’être aux fins des prix de transfert.

Dès lors, il est impératif que les contribuables s’assurent que leur documentation aux fins des douanes et aux fins des prix de transfert soit bien fondée et conforme à la législation à laquelle elle doit se conformer.

Pour plus de détails, veuillez contacter François Vincent, Leader national, Canada et Leader des Amériques, service mondial de prix de transfert de KPMG, ou Joseph Brick, Leader national, Douanes et commerce international, ou avec votre conseiller de KPMG ou encore l’une ou l’autre des personnes suivantes:

 

Montréal

François Vincent

(514) 840-2583

 

Stéphane Dupuis

(514) 840-2119

Toronto

Mary Furlin

(416 228-7202

 

James Gatley

(416) 228-7091

 

Robert Davis

(416) 228-7149

Ottawa

Joelle Hall

(613) 212-3779

 

Ron Simkover

(613) 212-3637

Sud-ouest de l’Ontario

Joseph Devitt

(519) 747-8898

Calgary

Michael Hoffman

(403) 691-7984

Vancouver

Michael Glaser

(604) 691-3165

 

Gordon Denusik

(604) 691-3158

 

 

 

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Information à jour au 20 novembre 2006. L'information publiée dans le présent document est de nature générale. Elle ne vise pas à tenir compte des circonstances de quelque personne ou entité particulière. Bien que nous fassions tous les efforts nécessaires pour assurer l'exactitude de cette information et pour vous la communiquer rapidement, rien ne garantit qu'elle sera exacte à la date à laquelle vous la recevrez ni qu'elle continuera d'être exacte dans l'avenir. Vous ne devez pas y donner suite à moins d'avoir d'abord obtenu un avis professionnel se fondant sur un examen approfondi des faits et de leur contexte.

 

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