Avec un total de 133 transactions, le premier semestre a connu une baisse de 8% sur un an du nombre de transactions impliquant des sociétés suisses. Le niveau actuel correspond à peu près à celui des premiers semestres 2009 et 2010. Le volume des transactions de ce premier semestre, soit 83 milliards de dollars, affiche en revanche une progression de 47% sur un an, grâce à l’importante transaction annoncée de Glencore/Xstrata, qui représente la moitié de ce volume. La transaction avec le Qatar, qui détient une participation dans Xstrata, étant actuellement renégociée, les chiffres définitifs ne sont pas encore connus. Pour l’heure, les 83 milliards de dollars de transactions du premier semestre 2012 constituent le plus haut niveau enregistré depuis les premiers relevés, en 2007.

Outre la reprise annoncée de Xstrata par Glencore, le premier semestre a connu plusieurs opérations de grande envergure. Par exemple l’acquisition du secteur alimentaire de Pfizer par Nestlé (11,9 milliards de dollars) ou la participation de 45% de Walgreen dans le groupe chimique et alimentaire Alliance Boots basé à Zoug (6,7 milliards de dollars).

Dans l’ensemble, les entreprises suisses sont majoritairement intervenues à titre d’acheteurs. Pendant le premier semestre 2012, elles ont signé 67% des reprises et participations – 27% en Suisse et 40% à l’étranger. La fermeté du franc a certainement joué ici un rôle positif. La soif de reprises persistante des entreprises suisses témoigne du bon positionnement et des finances saines de la plupart d’entre elles. Les reprises et les ventes stratégiques restent donc à leur ordre du jour.
Fait intéressant: huit des dix principales transactions ont été réalisées entre des entreprises suisses et nord-américaines. Il semble que les États-Unis possèdent une longueur d’avance sur l’Europe dans le cycle économique et que leur conjoncture se redresse plus rapidement. De nombreuses entreprises suisses profitent de cette situation pour investir dans l’une des plus grandes économies mondiales. Cette tendance est également favorisée par le manque d’alternatives. Ainsi, le marché asiatique passe actuellement pour relativement cher et l’évolution future des marchés européens reste dominée par l’incertitude.
Pour l’instant, les grandes opérations de fusion et d’acquisition sont restées absentes dans le secteur bancaire. La vente de Sarasin, dont la conclusion n’est pas encore fixée, fait figure d’exception. De toute évidence, le secteur financier traverse une phase de réorientation et de concentration engendrée par de nouvelles exigences réglementaires, de faibles rendements des marchés des capitaux et la transformation du contexte des activités bancaires transfrontalières. En ce moment, les banques privées – surtout internationales – révisent leurs modèles de gestion et optimisent leurs chaînes de valeur. Des mouvements notables sont intervenus tant dans l’industrie (20% des transactions) que dans le secteur des médias et des télécommunications (16%). On peut mentionner ici par exemple la reprise de la société américaine Thomas & Betts Corp par ABB ou la participation de Ringier dans la société polonaise Grupo onet.pl.
L’année sera marquée par le franc suisse fort, l’évolution des événements dans la zone euro et les attentes liées au redressement du marché nord-américain. Les entreprises suisses se montrent optimistes quant à la situation économique en Amérique du Nord et il faut s’attendre à ce que leurs transactions se concentrent plus particulièrement dans cette région. Mais de nombreuses entreprises agiront avec prudence, de sorte que le marché M&A suisse devrait demeurer stable dans l’ensemble.
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