
Au niveau mondial, les ratios PE provisionnels ont reculé de 11% au cours des 12 derniers mois (passant de 14,4x à 12,8x). Généralement, cela pourrait suggérer une diminution de l’appétit pour la conclusion de transactions, mais ce recul doit être envisagé dans le contexte de marchés en croissance (en hausse de 12%) et de prévisions bénéficiaires encore plus rapides (en hausse de 26 %), ces deux données étant des indicateurs historiques clés d’une plus grande activité de fusions et acquisitions.
Si l’on ajoute à cela la preuve qu’en 2010, les activités mondiales en matière de transactions ont dépassé le niveau atteint en 20051, cela amène le réseau KPMG à formuler une note positive concernant les prévisions d’activité en matière de transactions, comme l’explique Peter Lauwers, associé chez KPMG Advisory et Head of division Corporate Finance en Belgique: "Je pense que le dernier Predictor met en lumière la lutte que se livrent des managements plus confiants et les investisseurs qui ont encore besoin, dans une certaine mesure, d’être convaincus.
Cette lutte se reflète également au niveau de l’entreprise individuelle. On y observe, en général, des équipes de management qui tiennent à poursuivre des ambitions de croissance dans ce qui était encore – il y a peu – des environnements de faible inflation, et qui se heurtent à des investisseurs incapables de partager tout à fait leur optimisme. Ces derniers demeurent dès lors prudents envers les dépenses proposées par l’équipe de management."
"En de pareils moments, l’expression ‘escalader un mur d’inquiétude’ revient souvent, en ce sens que le marché financier s’améliore, en dépit de préoccupations ou d’un sentiment négatif actuel, y compris la nervosité relative aux hausses de taux et à l’inflation. Voilà exactement ce qui se passe dans le marché des fusions et acquisitions. Tout le monde n’est cependant pas en mesure de les amener à adhérer à cet optimisme en même temps ; certaines personnes grimpent plus vite que d’autres."
Le Global M&A Predictor du réseau KPMG calcule sur 12 mois des prévisions de PER (ratio d’évaluation du prix comparé aux bénéfices) et des estimations du ratio dette nette/EBITDA (bénéfices avant intérêts, impôts et dotations aux amortissements et provisions) afin de suivre et de déterminer dans quelle direction pourront évoluer les activités de M&A.
1 30 725 transactions réalisées en 2010, contre 28 924 transactions en 2005 (source : Thomson Reuters).